Superhéros : film vs rêves vs réalité

Publié le 14 Mai 2018

Superhéros : film vs rêves vs réalité

Je suis allée voir le dernier Avengers.

Ça m’a d’abord redonné un peu de motivation : je venais de voir deux heures trente de héros qui n’abandonnent jamais, qui se relèvent encore et toujours pour sauver leur univers. Moi aussi, il me faut me battre pour ce que je veux.

Puis ça m’a frappé comme un camion. Mes soucis sont tellement dérisoires par rapport aux leurs ! Ces héros ont la survie de l’univers sur leurs épaules, et qu’est-ce que je fais ? Je passe mes journées à tourner en rond, à craindre de manger, à finalement trop manger, pleurer parce que j’ai mangé, manger pour oublier. Je me sens la personne la plus malheureuse sur terre. Quand j’étais petite, le « moi » de mes rêves et qui, inconsciemment, était mon futur moi, mon « moi quand je serai grande », était une super-héroïne, elle aussi, d’une façon ou d’une autre. Elle était admirée, aimée, reconnue. Et puisque c’était dans ma tête, bien souvent, cela se passait via le sauvetage de l’univers voire de plusieurs parce que, hé, tant qu’à faire, plus de sauvetages c’était plus de reconnaissance, d’amour et d’admiration. Sauf que j’ai vingt ans maintenant. Mes « plus belles années ». Et je suis loin d’être cette super-héroïne, dont la projection rassurait mon petit moi, qui se disait, « c’est pas grave, un jour je serai elle, c’est juste que maintenant je suis trop petite ». Mais les super-héros de trente, quarante, cinquante, soixante ans, y en n’a pas tant que ça. Du moins ça ne me fait pas rêver, pas de la même manière que mon moi de dix rêvait à mon moi de vingt ans. Au contraire, ça me fait plus peur qu’autre chose.

Voilà, j’ai vingt ans, si jeune et si vieille, terrorisée par cette vie que j’ai entre les mains et dont je ne sais pas quoi faire. Je suis si instable dans ma tête que je n’arrive pas à prendre ma place dans cette société individualiste. Mes rêves d’enfant ne sont plus que de la boue entre mes mains et creusent un nouveau trou dans mon cœur. Regarder Avengers, c’était regarder tout ce à quoi je rêvais et tout ce que je ne suis pas devenue. Alors quoi, à trente ans, je penserai toujours à la nourriture ? Trente ans d’existence, trente ans d’obsession, yay.

Mais si je ne pense pas à la nourriture, à quoi penserais-je ? La vie est bien trop terrifiante. Je ne sais pas avec quoi je la remplirais. J’ai des petits bouts que je parviens à remplir avec autre chose que de la nourriture. Mais ce reste de vie, immense, c’est beaucoup trop, j’ai l’impression de ne pas avoir les ressources pour en faire quelque chose. Alors, honnêtement, je ne sais pas ce que je vais faire. Je ne suis pas douée pour faire le deuil de ce que je n’ai pas eu et de ce que je n’aurai jamais. Mais cela donne matière à réfléchir.

 

Rédigé par Tac

Publié dans #dépression

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Commenter cet article

Lovely Skinny 22/05/2018 00:07

j'ai le même ressentis que toi, le propre de l'adolescence, du début de l'age adulte, ou plutôt de l'entre deux. Cette impression d'être trop vielle et trop jeune à la fois. c'est la peur du vide, de l'inconnue, et l'envie de se rouler en boule dans ces acquis. Mais le temps s'en fiche de nos état d'âme, ils nous sort du lit et nous fou à poil entièrement démunie au beau milieu de ce carrefour de vie.