Instable

Publié le 20 Mai 2018

 

Ma vie est sur un train dans des montagnes russes. L'instabilité est tout ce que j'ai à offrir.

Les forces de la gravité me poussent en haut, en bas, ébauches de larmes, éclats de sourire, naissances, morts, renaissances. J'alterne les propulsions dans les airs et les crashs douloureux. Étrange binarité de la vie.

  J'oscille. Entre euphorie, surexcitation, jambes qui ne demandent qu'à sauter, courir, et mes bras qui dansent tout seuls, emportant dans leur ballet mon corps tout entier. Chaque pensée est un ordre d'action, la spontanéité m'habite et la réflexion n'existe plus, pas chassés sur le trottoir, tourbillons sur moi-même, mon corps habite l'espace avec une ardeur d'enfant. Tourbillon et impulsion, j'envois un message à mon ex, et je flirte avec d'autres comme si la vie n'était qu'un éternel présent. J'ai besoin qu'on m'aime, j'ai besoin de ressentir, de vivre, j'agis et je suréagis, je provoque. Mon apparence m'indiffère, sortir en pyjama et faire des pompes sur le bitume ne me dérange pas, mon corps n'est qu'un ressenti et son aspect ne m’intéresse pas, j'ai le souvenir vague que je voulais perdre ce bourrelet que j'ai sur le ventre mais je ne me souviens plus pourquoi, et puis je préfère boire une bière. Je prévois des voyages, je m'inscris à des stages, je fais des promesses, je prend des engagements. Je me crois plus forte que ce que je suis.

  Mais j'oscille. Mes jambes sont lourdes, les cours s'entassent, la saleté aussi, pas le courage de faire le ménage, on verra plus tard. Je regrette les messages envoyés, je considère avec angoisse les engagements pris. Je fais marche arrière, je contourne, je déçois. "On ne peut pas te faire confiance". Je perds les gens que j'aime. Engueulades et pleurs au téléphone. Je ne me souviens plus comment faire pour avoir envie de vivre, je dois aller faire des courses mais je n'ai le courage de rien. Les jours devant moi me semblent insurmontables, je ne suis pas capable de vivre. Je réfléchis, comment mourir, j'aimerais mourir. Je me fous de tout. Le futur est trop angoissant alors je regarde vers l'arrière, j'ai envie de chialer. Je me suis remplie de nourriture sans trop savoir pourquoi, je me dis demain je ne mange pas. J'invente des excuses pour ne pas sortir, je laisse tomber mes amis qui ne comprennent rien. Je ne répond plus aux mecs que j'ai dragué. Je ne me souviens plus des raisons qui m'ont poussé à faire ça, de toute façon les corps me dégoûte, le mien autant que celui des autres.

 

J'ai l'impression que ma vie défile devant mes yeux sans me demander mon avis. Les montagnes russes me donnent mal au coeur.

Rédigé par Tic

Publié dans #brouillard

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