Colère invalide

Publié le 25 Avril 2018

Sept jours, chute, huit jours, chute, cinq jours, chute. Lutte, abandon, perte de repères, faire semblant, reprendre, ramasser une arme, s’appuyer dessus, s’apercevoir qu’on la tient à l’envers, ramper un peu, se relever d’un bond croyant voir une ouverture, chute, encore. Le chemin n’a pas de fin. S’il monte, s’il descend, je ne saurais dire. Parfois abrupt, rocailleux, parfois petit sentier sur lequel il fait bon gambader… Les illusions y sont aussi fortes que les désillusions. Stress, colère, tristesse, solitude, honte. Que d’émotions, parfois brouillées, parfois morcelées – mais la fatigue est claire. Le ras-le-bol physique ou mental. Parfois c’est comme toutes les autres fois, je m’abandonne dans le sucre ou le gras parce que le combat me dépasse. Parfois j’en retire quelque chose, parfois une cause nette est identifiable, nette, différente des fois précédentes. Alors j’en apprends un peu plus, et je m’interroge : combien de fois cette cause-ci m’a-t-elle poussée à la crise par le passé ? Je ne le saurais jamais, mais peut-être que ce nouveau savoir, bien que ténu, pourra m’être utile plus tard.

Manger pour ne plus ressentir, manger pour ensevelir une émotion sous une avalanche de nourriture qui alourdira le ventre, déchirera le confort et ira maltraiter les nerfs de l’estomac distendu. Cette fois, c’était la colère. Le refus d’être en colère contre une amie. Quel meilleur moyen de ne plus la ressentir, de l’ignorer, que de l’étouffer sous l’habituel immonde amoncellement ? Alors, lancinante, la colère à ma propre encontre. Une colère en supplante un autre, l’émotion ne fait pas la différence, elle veut juste être en colère, et la crise a dévié la cible. L’amitié est sauve. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Rédigé par Tac

Publié dans #boulimie, #solitude, #dépression

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